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Obsolescence programmée tout ce que vous devez savoir sur le sujet

Bien qu’il soit encore mal défini par la plupart d’entre nous, le concept d’obsolescence programmée est connu aujourd’hui par tout le monde ou presque. En effet selon une étude, plus de 90 % des Français considèrent par exemple que les produits technologiques ou high-tech sont directement concernés par l’obsolescence programmée. Et pourtant, ils ne sont pas les seuls… L’obsolecence programmée touche en effet d’autres secteurs.

Mais que veut dire ce terme plus précisément ? Est-ce qu’il y a différents types d’obsolescence ? Que dit la loi ? Quels sont les produits les plus concernés ? Les marques ? Nous vous disons tout !

L’obsolescence programmée, une histoire bien ancienne

Pour définir simplement la notion d’obsolescence programmée, on peut dire que : c’est la durée de vie utile d’un objet qui est programmée, entendez volontairement réduite par le fabricant.

Or cette manière de voir les choses ne date pas d’hier…

Le première exemple d’obsolescence programmée date ainsi de 1924 lorsqu’aux États-Unis les fabricants d’ampoules électriques passent une entente commerciale dite de « Phoebus » pour faire face à la chute de leurs ventes. D’un commun accord, ils décident donc de limiter la durée de vie de leurs ampoules à 1000 heures. Alors qu’elles pouvaient atteindre plus de 2000 heures. En mettant en place une telle limitation, les ampoules à incandescence grillent plus rapidement et ils forcent donc les consommateurs à racheter des ampoules plus fréquemment. De ce fait, ils augmentent donc leurs bénéfices.

Un peu plus tard, en 1932, l’expression « obsolescence planifiée », apparaît. On la doit à un jeune courtier du nom de Bernard London. Cette stratégie aurait selon lui vocation à relancer la consommation et donc la croissance économique. Le principe est le même : en limitant la durée de vie d’un produit, le consommateur est forcé à en racheter un autre. Mais contrairement à l’exemple précédent, c’est une pratique qui est ici envisagée dans un cadre légal. Il faut en effet contextualiser : après le crash de 1929, les États-Unis sont en pleine crise économique. Il est impératif de trouver des solutions pour relancer la consommation et la croissance…

Un autre exemple d’obsolescence, est celui de la Ford T. La célèbre automobile réputée pour sa fiabilité et sa solidité n’aura pratiquement pas évolué au cours de ses 19 années de production (de 1908 à 1927). Et si la voiture était toujours aussi performante elle sera finalement dépassée ou pour mieux dire « démodée » par General Motors. Ce constructeur va en effet mettre en place une stratégie marketing audacieuse pour l’époque, à grand renfort de publicité, et produire régulièrement de nouveaux modèles, démodant les anciens. En réalité seul « l’emballage change », moteur et autres technologies étant identiques. Il s’agit là du premier exemple d’obsolescence programmée basée sur le design.

Qu’en pense la justice ?

Cette pratique tenue secrète dans notre premier exemple, envisagée comme une solution opportune dans le second ou ancêtre de notre mode de consommation actuel est doncdifficile à appréhender. La justice peut rapidement se casser les dents à essayer de démontrer que telle ou telle pratique relève de l’obsolescence programmée. Car bien entendu, aujourd’hui les fabricants se doivent au moins d’être plus discrets ne serait-ce que pour une question d’image voire une conscience écologique…

Il aura donc fallu du temps pour que cette pratique soit réellement prise en compte par les autorités. Et c’est en réalité souvent un lourd travail d’investigation et de nombreuses plaintes déposées par les associations de protection de l’environnement et de protection des consommateurs qui font évoluer les choses. Ainsi, ce n’est qu’en 2012 avec la « Loi de transition énergétique » que cette pratique est donc finalement considérée comme un délit, en France. L’obsolescence programmée est désormais sanctionnée par 2 ans de prison et 300 000 euros d’amende. Seulement voilà, difficile de démontrer un « délit d’obsolescence »…

Pourtant l’Union Européenne reconnaît elle aussi cette pratique frauduleuse. Dans son rapport paru en 2013, le Centre Européen de la Consommation distingue même plusieurs formes d’obsolescence !

Les différentes formes d’obsolescence programmées reconnues 

  • obsolescence par défaut fonctionnel : réduire la durée de vie par la manière dont un appareil est conçu, le rendant ainsi difficile ou impossible à démonter ou à réparer. Utilisation de pièces qui vont s’user facilement puis se casser rapidement.
  • Obsolescence indirecte : par exemple le manque de pièces détachées ce qui rend impossible toute réparation ou les téléphones nécessitant des chargeurs plus anciens qui se sont plus disponibles aujourd’hui.

Obsolescence technique, on en distingue cinq différentes :

  • obsolescence par incompatibilité : notamment présente dans l’informatique, l’utilisation de différents programmes, mises à jour et systèmes d’exploitation rendent obsolètes les appareils les plus anciens qui ne peuvent y avoir accès.
  • obsolescence par notification : on informe l’utilisateur que son appareil doit être réparé ou remplacé. Pratique très en vogue sur les imprimantes où, par exemple, l’appareil notifie qu’il n’y a plus d’encre (alors que la cartouche en contient encore).
  • Obsolescence par péremption : pratique très présente notamment dans l’alimentaire ou les cosmétiques. Le produit n’est plus consommable en théorie après la date de péremption mais en pratique il peut toujours être consommé ou utilisé sans aucun risque. Les yaourts en sont certainement le meilleur exemple car ils restent propres à la consommation plusieurs jours après la date de péremption.
  • Obsolescence esthétique : cherche à remplacer un produit par un autre « plus beau » : changement de couleurs, de design…
  • Obsolescence écologique : il s’agit ici de jouer sur les préoccupations écologiques du consommateur en lui proposant un produit moins énergivore alors que le sien fonctionne toujours.

Les conséquences de l’obsolescence programmée

Les conséquences de l’obsolescence programmée sont bien évidemment désastreuses sur bien des niveaux :

L’impact écologique

Pour se rendre compte de la pollution que notre mode de consommation génère via notamment l’obsolescence programmée (mais pas seulement), rien ne vaut quelques chiffres.

Il faut ainsi savoir :

  • que 2347 kilos de déchets électroniques sont produits chaque seconde
  • que les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 70 % entre 1970 et 2004
  • que nous jetons plus de 50 % des produits que nous achetons
  • que dans deux générations seulement les ressources de la planète seront épuisées…
  • Le bilan n’est donc pas très encourageant. Et il y a encore bien d’autres impacts.

L’impact économique

Ne plus pouvoir réparer les appareils et autres produits de consommation a également un impact économique négatif (contrairement à ce que l’on peut nous faire croire). Le réseau des réparateurs et petits commerçants, un circuit de biens et services à petite échelle, la fabrication/vente de pièces détachées sont autant d’emplois qui sont désormais perdus étant donné que tout se jette et se remplace. D’autant plus que pour proposer des produits moins chers mais surtout augmenter leurs marges, les grandes entreprises délocalisent leur production dans des pays aux codes du travail beaucoup plus laxistes ainsi qu’aux normes environnementales bien moins contraignantes. Ce qui génère donc l’impact suivant.

L’impact social

Produire plus, pour moins cher, pour jeter… cette boucle infernale a aussi un impact social, provoque des inégalités encore plus importantes entre les pays du Nord et les pays du Sud. Il faut savoir que les premiers consomment ainsi 10 fois plus de ressources que les seconds alors que leur population est bien moins nombreuse. Que d’énormes décharges à ciel ouvert accueillent les déchets du Nord avec les conséquences sanitaires que cela implique. Le Nord perd des emplois, le Sud subit l’esclavage moderne… Bref au final tout le monde y perd : la qualité de vie (tout comme celles des produits achetés d’ailleurs) baisse, les prix en réalité se maintiennent ou augmentent. Seules les grandes corporations y gagnent car ils réduisent leur coût au détriment de la planète donc, des emplois, des consommateurs qui continuent pourtant à acheter… Les actionnaires et autres multi-millionaires sont encore plus riches tandis que tout autour la planète et ses habitants s’appauvrissent…

Les exemples les plus connus d’obsolescence programmée

La naissance de l’obsolescence programmée va de pair avec le capitalisme et naît logiquement aux États-Unis. Précisons tout de même qu’à cette époque, il n’y avait aucune conscience écologique. Le premier cas d’obsolescence programmée avéré est donc celui de l’ampoule électrique à incandescence. Les différents fabricants mondiaux se sont ainsi réunis à Genève pour se mettre d’accord. Ils fixent la durée de vie d’une ampoule à 1000 heures alors que cette durée pouvait atteindre 2000 voire 2500 heures. Et bien que ce cartel ait clairement été identifié, la limitation des 1000 heures est toujours restée la norme pendant des décennies !!!! Incroyable mais vrai. La Justice n’a rien fait contre un cartel connu… On est en droit de se demander combien il y en a qui restent dans l’obscurité ?

Comme nous l’avons également vu, le premier cas d’obsolescence esthétique avéré voit encore une fois le jour aux USA. Il concerne le secteur automobile. Afin de concurrencer la Ford T (modèle unique, robuste, facile à réparer) Général Motors commercialise une Chevrolet avec un nouveau concept : celui de la carrosserie interchangeable, des couleurs différentes, des options afin de produire trois nouveaux modèles par an. La publicité finit alors par convaincre l’automobiliste que son véhicule est démodé. Les bases de la société moderne de consommation sont donc posées… Très vite Pin-up, M. Muscle & Co. vont venir s’ajouter aux messages publicitaires. L’avènement de la télévision fera le reste…

À l’heure actuelle, l’un des exemples les plus flagrants concerne les fabricants d’imprimantes domestiques. Et comme promis, voici le nom d’une marque qui brille par ses pratiques peu recommandables : Epson ! L’association HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée) a d’ailleurs porté plainte contre le fabricant. Sans être exclusivement l’apanage d’ Epson, comme nous l’avons déjà mentionné, il n’est pas rare de voir une imprimante équipée d’une cartouche avec une puce. Cette dernière indique alors un faux niveau d’encre disponible. Forçant ainsi le consommateur à acheter d’autres cartouches alors qu’il reste encore de l’encre. Les fabricants d’imprimantes (et ils ne sont pas les seuls) basent en effet leur stratégie commerciale sur les « consommables ». Le produit en soit est vendu à un très bon marché mais les consommables (ici les cartouches d’encre) sont quant à elles très onéreuses. Pour maximiser les profits, il faut donc pousser au rachat le plus rapidement possible. Dans un autre cas, toujours pour les imprimantes c’est une puce qui va comptabiliser les différentes impressions réalisées. Une fois le chiffre défini par le fabricant atteint, la machine se bloque. Elle ne peut plus être utilisée…

Les nouvelles technologies, ordinateurs, téléphones mobiles et autres sont aussi particulièrement friands d’obsolescence programmée. Apple par exemple est souvent montré du doigt. Le géant à la pomme croquée force en effet ses utilisateurs à changer fréquemment leur dispositif. En moyenne tous les 5 ans voire moins. L’actualisation des logiciels et autres mises à jour rendent souvent obsolètes les modèles les plus anciens.

Conclusion

L’obsolescence programmée est une pratique utilisée par les industriels qui n’a donc rien de nouveau. Si elle était vu à ses débuts comme un moyen pour relancer l’économie et la croissance elle est désormais considérée comme une « tromperie » punie par la loi. Ses impacts écologiques, financiers et sociaux sont en effet catastrophiques. De solution cette pratique est donc devenue un problème préjudiciable à tous. Il est par conséquent urgent d’agir et de la dénocer, sous toutes ces formes.

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