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Obsolescence programmée: ce qu’il faut savoir sur cette notion

Bien qu’il soit encore mal défini par la plupart d’entre nous, l’obsolescence programmée est un concept que tout le monde ou presque connaît aujourd’hui.En effet selon une étude, plus de 90 % des français considèrent par exemple que les produits technologiques ou high-tech sont directement touchés par l’obsolescence programmée. Mais que veut dire ce terme plus précisément ? Est-ce qu’il y a différents types d’obsolescence ? Que dit la loi ? Quels sont les produits les plus touchés ? Les marques ? Nous vous disons tout !

L’obsolescence programmée, une histoire bien ancienne

Pour définir simplement la notion d’obsolescence programmée on peut dire que c’est l’idée que la durée de vie utile d’un objet soit programmée ou pour mieux dire volontairement réduite par un fabricant.

Le première exemple d’obsolescence programmée date de 1924 lorsque les fabricants d’ampoules électriques aux États-Unis passent une entente commerciale dite de Phoebus pour faire face à la chute de leurs ventes. Ils décident ainsi de limiter la durée de vie de leurs ampoules à 1000 heures. Forcer les consommateurs à en acheter plus fréquemment et augmenter leurs bénéfices.

Un peu plus tard, en 1932, l’expression d’ « obsolescence planifiée », apparaît. On la doit à un jeune courtier du nom de Bernard London. Cette stratégie aurait ainsi pour but de relancer la consommation et la croissance économique. En effet, en limitant la durée de vie d’un produit, il force le consommateur à en racheter un autre. Mais c’est une pratique qui est envisagée dans un cadre légal. Après le crash de 1929, les États-Unis étaient en pleine crise économique à ce moment-là.

Il aura donc fallu du temps pour que la Justice prenne en compte cette pratique peu scrupuleuse. Grâce aux plaintes d’associations de protection de l’environnement et de protection des consommateurs comme un délit dans la loi de transition énergétique de 2012 considère : 2 ans de prisons et 300 000 euros d’amende. Seulement voilà, difficile de démontrer un « délit d’obsolescence »… Pourtant l’union européenne reconnaît elle aussi cette pratique frauduleuse. Dans son rapport paru en 2013, le Centre européen de la consommation distingue même plusieurs formes d’obsolescence. Voici actuellement les différentes formes d’obsolescence programmées reconnues :

Obsolescence indirecte : le manque de pièces détachées ce qui rend impossible toute réparation ou les téléphones avec des chargeurs anciens, plus disponibles aujourd’hui.

L’Obsolescence technique : on en distingue trois différentes

  • obsolescence par incompatibilité : notamment présente dans l’informatique, l’utilisation de différents programmes, mises à jour et systèmes d’exploitation rendent obsolètes les appareils les plus anciens qui ne peuvent y avoir accès.
  • obsolescence par défaut fonctionnel : réduire la durée de vie par la manière dont un appareil est conçu, le rendant ainsi difficile ou impossible à démonter ou à réparer. Utilisation de pièces qui vont s’user facilement pu se casser rapidement
  • obsolescence par notification : une notification informe l’utilisateur de réparer ou remplacer son produit. Pratique très en vogue sur les imprimantes où par exemple l’appareil notifie qu’il n’y a plus d’encre (alors que la cartouche en contient encore)

Obsolescence par péremption : pratique très présente notamment dans l’alimentaire ou les cosmétiques où le produit n’est plus consommable en théorie après la date de péremption. Les yaourts en sont certainement le meilleur exemple car ils sont consommables plus sieurs jours après la date de péremption.

Obsolescence esthétique : cherche à remplacer un produit par un autre « plus beau » : changement de couleurs, de design…

Obsolescence écologique : il s’agit ici de jouer sur les préoccupations écologiques du consommateur en lui proposant un produit énergivore alors que le sien fonctionne toujours

Les conséquences de l’obsolescence programmée

Les conséquences de l’obsolescence programmée ont bien évidemment désastreuses sur bien des niveaux :

L’impact écologique

Pour se rendre compte de la pollution que notre mode consommation génère via notamment l’obsolescence programmée (mais pas seulement), rien ne vaut quelques chiffres. Il faut ainsi savoir que nous produisons 2347 kilos de déchets électroniques chaque seconde que les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 70 % entre 1970 et 2004, que nous jetons plus de 50 % des produits que nous achetons, ou que dans deux générations seulement les ressources de la planète seront épuisées… Le bilan n’est donc pas très encourageant. Mais bien sûr il y a encore d’autres impacts.

L’impact économique

Ne plus pouvoir réparer les appareils et autres produits de consommation a également économique. Le réseau des réparateurs et petits commerçants, la fabrication ds pièces détachées sont autant d'emplois qui sont désormais perdus. D’autant plus que pour proposer des produits moins chers mais surtout augmenter leurs marges, les grandes entreprises délocalisent leur production dans des pays au codes du travail beaucoup plus laxistes ainsi qu’au nirmes environnementales bien moins contraignantes.

L’impact social

Produire plus pour moins cher, pour jeter… cette boucle infernale a aussi un impact social, provoque des inégalités encore plus importantes entre les pays du Nord et les pays du Sud. Il faut savoir que les premiers consomme ainsi 10 fois de ressources que les seconds. Que d’énormes décharges à ciel ouvert accueillent les déchets des premiers etc.

Les exemples les plus connus d’obsolescence programmée

Comme nous l’avons dit, la naissance de l’obsolescence programmée s’accompagne du capitalisme et naît logiquement aux États-Unis alors qu’il n’y avait à cette époque aucune conscience écologique. Le premier cas d’obsolescence programmée avéré est donc celui de l’ampoule électrique à incandescence. Les différents fabricants mondiaux se sont ainsi réuni à Genève pour se mettre d’accord. Ils fixent la durée de vie d’une ampoule à 1000 heures alors que cette durée pouvait atteindre 2500 heures. Et bien que ce cartel ai clairement été identifié, la norme des 1000 heures est toujours restée la norme. La Justice n’a rien fait contre un cartel connu… Combien y en a-t-il qui restent dans l’obscurité ?

Le premier cas d’obsolescence esthétique avéré voit encore une fois le jour aux USA. Il concerne le secteur automobile. Afin de concurrencer la Ford T (modèle unique, robuste, facile à réparer) Général Motors commercialise une Chevrolet avec un nouveau concept : celui de la carrosserie interchangeable, des couleurs différentes, des options afin de produire trois nouveaux modèles par an. La publicité finit alors par convaincre l’automobiliste que son véhicule est démodé,

Autre objet où l’obsolescence programmée est très répandue, l’imprimante. Elle peut ainsi être équipe d’une puce qui compte le nombre d’impressions et bloque la machine au-delà d’un nombre d’impressions définie. Certaines fabricants équipent leurs cartouches d’une puce qui indique un faux niveau d’encre disponible

Enfin, ordinateur et téléphones mobiles sont eux aussi d’excellents exemple d’obsolescence programmée de différents types.

Conclusion

L’obsolescence programmée est une pratique utilisée par les industriels qui n’a donc rien de nouveau. Si elle était vue à ses débuts comme un moyen pour relancer l’économie et la croissance elle est désormais considérée comme une « tromperie » punie par la loi. Ses impacts écologiques, financier et sociaux sont en effet catastrophiques.

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